Le Lhassa Apso est un petit chien d'agrément originaire du Tibet
Classement et standard
Le Lhassa Apso est classé dans la nomenclature de la Fédération Cynologique Internationale (FCI) dans le groupe 9 (chiens de compagnie),
plus spécialement dans la section 5 (Chiens du Tibet), où il côtoie le Shih Tzu, l'épagneul tibétain, et le terrier tibétain.
Le dogue du Tibet ou mastiff fait aussi partie des chiens tibétains mais il appartient au groupe des molosses.
Le Lhassa Apso et les autres races de chien du Tibet
Actuellement, on se réfère au
standard officiel FCI 2004
Pour approfondir ...
Extrait de la thèse de P.Menesplier Lagrange : "Historique des chiens du Tibet au Tibet"
P.Menesplier Lagrange, 1995. "Chiens sacrés ou sacrés chiens" (La Sélection Tibétaine)
N.Rougier, T.Caldwell. "Tibet berceau de nombreuses races canines" (Club des chiens du Tibet fondé en 1960)
B.Denis. "Réflexions sur la génétique du chien de race et le nécessaire maintien d'une variabilité génétique"
Glossaire
Les origines de son nom
Son nom vient de "Lha" = Dieu et "Sa" = terre, d'où terre des dieux et de "Apso" qui en tibétain définit tous les chiens à poils longs.
C’est une contraction de "Ra’Psoo ("Ra" =chèvre et "Psoo" = poilu) donc, poilu comme une chèvre. Le chien poilu de la terre des dieux.
L’Apso Seng Kyi "Sen" = lion et "Kyi" = chien, petit chien lion au poil de chèvre et à l’aboiement de sentinelle, était d’une variété
plus petite et plus prisée.
Les caractéristiques morpho-anatomiques du Lhassa
Elles ont été sélectionnées par son environnement d’origine. Le Tibet est le plus haut plateau du monde avec une altitude moyenne
de 4000 m !
La constitution robuste du Lhassa Apso d'origine est celle d’un chien de montagne, adaptée à des conditions environnementales hostiles.
Son épais sous poil s’explique par une adaptation évolutive à la rudesse du climat caractérisé par des écarts de température
qui peuvent être énormes. Il assure au corps une étanchéité et une protection contre la chaleur du soleil diurne et estival ainsi
que contre le froid nocturne et hivernal. Il est doté de poumons assez volumineux pour sa taille, très performants pour la respiration
en altitude. La grosseur exceptionnelle de son cœur lui permet de monter à des hauteurs considérables, rappelons que son environnement
natal est déjà de 3500 mètres, cela nous donne une idée de ce dont il est capable. Le célèbre sherpa
Tenzing Norgay co-vainqueur
de l’ascension du Chomolungma (Everest) qui en a lui-même fait l’élevage, affirmait qu’il pouvait monter bien au-delà.


Son tempérament
Le Lhassa Apso a un caractère bien à lui. Intelligent, très sensible et même susceptible, très protecteur envers son maître,
il ne supportera pas que l'on s'en prenne à lui. C'est un gardien instinctif, impressionnant par son petit rugissement de lion
vraiment surprenant par rapport à sa petite taille. Sa particularité fait qu’il reste toujours très réservé avec les étrangers.
C'est une race réputée peu fugueuse. Il a besoin de vivre en compagnie étroite avec les hommes, et fait preuve d’une grande fidélité.
Il peut avoir tendance à l'hyperattachement et à ne pas supporter l’absence de son maître, qu’il aura lui-même choisi parmi les membres
de la famille, mais il acceptera difficilement d’être relégué au chenil.
L’utilisation du Lhassa Apso au Tibet
A l’origine, l’ancêtre du Lhassa faisait partie des races bergères d’Asie centrale. Parmi la faune des hauts plateaux tibétains
"chèvres, ânes sauvages, moutons et antilopes", il va être l’instrument de la domestication du yack. Guide remarquable qui se faufile
partout, excellent chien avertisseur, le Lhassa Apso fut utilisé dans les expéditions en Himalaya. Tenzing Norgay affirmait que son
ouïe était si fine qu’il sentait la venue des avalanches. Serait-ce là l’origine de son troisième surnom de lion des neiges ? On le
retrouve dans les temples et monastères où il servait de sentinelle dissuasive contre les intrus.
Sur la trace du petit Apso seng kyi
C’est au début de la dynastie Mandchous vers 1583 que les petits chiens lions tibétains auraient été introduits en Chine comme cadeaux
des Grands Lamas aux empereurs chinois. On peut supposer que ces cadeaux se sont faits réciproquement entre les deux pays puisque
déjà au VIIè siècle on pouvait voir des Bichons dans la haute société tibétaine. Les Grands Lamas encourageaient la tendance des
conquérants mandchous à orienter le bouddhisme vers le type lamaïque et en particulier, à cultiver le symbolisme du lion dont
la représentation du Lama de Manjuri, porté dans l’espace par un lion, en est l’expression. Le culte du petit "chien-lion" en Chine
parait avoir atteint son point culminant durant le règne de Tao Kouanf, entre 1821 et 1851. Cette vogue a stimulé, dans l'entourage
des empereurs, l’élevage des "chiens lions" tibétains. Miss Katherine Carl qui vivait à la cour impériale, raconte qu’un des favoris
de l’impératrice douairière était un chien à long poil, qu’elle appelait "Tibétain".

Les premiers explorateurs du Tibet
s’intéresseront très vite au Lhassa. En 1894, le conte Henry de Bylandt, cynophile hollandais lui consacra deux volumes. Sir Lionel
Jacob expert en chiens indiens et posté au Pendjab, en fit un descriptif détaillé publié en 1901 dans le "Kennel Gazette and Dog’s
Owner’s Annual". En 1904 au retour de l’expédition F.Younghusband, les premiers Lhassas sont arrivés en Angleterre sous la
dénomination de Lhassa Terrier.
Depuis la fin du XVIIIè siècle jusqu’à il y a quelques années encore, le Tibet était un pays
secret, fermé aux étrangers. Un dogme religieux interdisait quatre commerces aux Tibétains : celui des armes, des êtres vivants
esclaves et animaux, de la viande et des boissons ennivrantes. Si, pour une raison religieusement valable, un tibétain ne pouvait plus
garder son animal, il devait lui trouver un nouveau maître susceptible de le traiter aussi bien que lui. Il faut voir, dans ces
différents facteurs, l’apparition tardive des petits chiens tibétains en Europe. Peu d’étrangers avaient réussi à entrer au Tibet et
la méfiance que leur témoignaient les indigènes, interdisait à ces aventuriers de ramener ces chiens tibétains protégés par les
dogmes contre les tractations commerciales. Deux moyens d’exportation étaient possibles : le passage en fraude d’un couple de chiens,
ou, mieux, se voir confier un animal contre bons soins. Mme Mac Larren Morrison, mariée à un officier des Indes, en obtînt plusieurs
au tout début du XIXè siècle ainsi que des Epagneuls tibétains. Mais c’est le plus souvent sous forme de cadeaux, que les premiers
chiens tibétains arrivèrent en Europe. Il semble que ce soit à Mrs Bailey que nous en devions l’introduction en 1928.
Aux Etats Unis ce furent Mr. et Mrs. Cutting (fondateurs de l'Hamilton farm élevage du New Jersey) qui importèrent les premiers
spécimens, 5 apsos offerts par le 13è Dalaï-Lama en 1934 et un autre couple que leur a offert le régent en 1937 après la mort du
Dalaï-Lama. Lee et Pema seront ensuite offerts par le 14è Dalaï-Lama avant l’invasion chinoise. Après ces événements, il devînt
impossible d’en trouver. D’autres Lhassas sont peut être sortis du pays sans qu’il en soit mentionné nulle part. On peut considérer
qu’en définitive il n’y a eu que peu de chiens fondateurs.
Un
standard fût établi par le Kennel Club Anglais en 1935, date de la naissance officielle de la race en occident.
En 1939 lors de sa 2ème expédition Ernst Schäffer, biologiste et ornithologue Allemand, ramena une vingtaine de chiens, Llhassas, Terriers,
et Mastiffs. A la fin de la guerre, les Américains les ont emportés avec eux. A partir de là on perd leur trace.
Aux USA pendant la 2ème guerre mondiale, on continua de produire en accord avec le standard officiel anglais de 1935.
En 1940 les Cuttings ont fait venir 2 chiens de Chine certainement des Shih Tzu, plus sept autres toujours des Shih Tzu mais venant
d’Angleterre, qui furent eux aussi enregistrés comme Lhassa Apso par le Kennel Club Américain. Aucune importation purement
tibétaine n’a été autorisée depuis par l’American Kennel Club.
Après la guerre les anglais importèrent quelques chiens des Indes, entre autres Jigmey Tarkay of Rungit de l’élevage du sherpa Tenzing
qui donna le fameux Gunga Dim of Verles, premier champion de la race après guerre.
En France, dans les années cinquante, Mademoiselle Violette Dupont avait créé son fameux élevage de Lhassa Apso "Annapurna" avec Hamilton Kangmar et Xérés,
chien d’origine.
En 1961 le docteur Guy Lescure publiera "le Terrier Lhassa". Son
standard du chien d'origine de 1935 bien que non officiel restera une référence pour
la race des Lhassa Apsos.
Lhassa Apso : dérives vers l’hypertype
Aux USA pendant la 2ème guerre mondiale on continua de produire en accord avec le standard officiel anglais de 1935.
Tandis que progressait l’élevage, les traditionnelles expositions canines se transformèrent en de véritables compétitions et les
éleveurs commencèrent à exhiber dans ces "américans beauty contest", des chiens de plus en plus sophistiqués dont la morphologie et
les caractéristiques s’éloignaient de plus en plus du standard.
Devenu phénomène de mode le Lhassa "super star" va longtemps sévir sur les rings sans que personne ne s’en inquiète.
C’est avec succès qu’il gagne l’Europe. Afin de rester dans la course les éleveurs vont orienter leur production vers ce nouveau type.
Face à la demande, sélections douteuses et reproductions anarchiques vont bon train ayant pour seul but, un rapport lucratif.
Dans les années1985, on vit apparaître de réels changements de morphologie ainsi que dans la texture et le volume du poil.
Le chien perdit sa petite taille, les encolures se mirent à décoller et le train arrière à s’affaisser. On commença à voir :
des crânes ronds ou bombés, des yeux clairs ronds ou globuleux, des nez trop courts ou plongeants, les oreilles attachées trop bas,
les avant-mains arquées, des poitrines sous le coude, les queues attachées si haut qu’elles semblent sortir du milieu du dos,
les fourrures ou laineuses ou soyeuses, des démarches atypiques, des tailles très au dessus de la limite du Standard.
Ce chien n’a plus rien en commun avec les petits
Apsos d’antan. Il aurait dû suivre le
standard et non l’inverse.
La question des hypertypes a été posée pour la première fois au congrès de l'Association mondiale des Vétérinaires spécialistes des
petits Animaux, à Paris en 1969 ! Que s’est–il passé depuis ? ... on en parle beaucoup, certes.
En savoir plus ?
Aujourd’hui la préservation des espèces à pris une place prédominante dans le paysage écologiste de notre société,
loin d’être une mode, c’est une nécéssité, une prise de conscience est le moins que l’on puisse faire.
Actuellement, nous sommes donc en présence de deux sortes de Lhassa Apso :
1) Le Lhassa d’origine ou Lhassa Apso rustique : protégé par les dogmes religieux, difficilement visible au Tibet et qui n’a subi aucune sélection génétique
occidentale
2) Le Lhassa contemporain : dont l’évolution phénotypique de certaines lignées a été orientée par les éleveurs de la race.
Néanmoins la France n’a pas été le pays le plus touché par ce phénomène
Le Lhassa d'origine
Le Lhassa contemporain
A la recherche du type ancestral
Dans les années 80, un éleveur canadien
Gérald D’Aoust partît pour le Népal à la recherche de nouvelles souches.
Il réussit au cours de ses trois voyages à réunir un total de seize Lhassas authentiques, de huit lignées différentes venant
du monastère de Drépung et de réfugiés tibétains au Népal. Le Canadian Kennel Club lui a refusé l’enregistrement de ses chiens,
à un moment où la race avait besoin de sang nouveau. Cependant, il est le seul éleveur de Lhassa Apso qui prît la peine d’aller sur le terrain et
cela à trois reprises, nous devons beaucoup à ce personnage hors du commun.
Tibetan line outre Rhin
En 1995, Gerti Bracksieck et Kerstin Handrich ont mené un programme d’élevage ayant pour but de ramener le Lhassa moderne vers son
type d’origine, en introduisant des Apsos de type ancestral dans les anciennes lignées américaines qui avaient d’authentiques Apsos
pour fondateurs. La lignée Tibétaine Allemande est une pure lignée d’ Apsos Tibétains, composée de chiens importés des régions
de l’Himalaya, croisés exclusivement à des chiens d’héritage Tibétain venant de chez Gérald d’Aoust et du Bhoutant. Une aventure
passionnante pour l’élevage Trashi Deleg de madame Gerti Bracksieck.
En savoir plus ?
La lignée Tibétaine en France
A l’occasion d’un voyage en Inde,
Mme Masset éleveuse de races Tibétaines depuis 30 ans, a eût le privillège de se voir offrir
une petite chienne du Sikkim, U’pema, qui par la suite a été mariée à Chang Po, un mâle tibétain descendant des "Gompas dogs", chiens
du monastère de Drépung, importés par Mr Gérald d’Aoust.
De ce mariage sont nés 5 chiots, 3 mâles et 2 femelles dont le fameux B’fo de la Garde Adhémar.
Dans un même temps, Chang Po a également couvert Pivoine, de la vallée aux mille fleurs, chienne de lignée occidentale, résultat
3 mâles et 1 femelle. Ces deux portées, l’une 100% de sang d’origine, l’autre 50%, ont ouvert une large possibilité d’établir
plusieurs lignées dont certaines peuvent être découvertes sur ce site.
Voir mes Apsos
Le Lhassa Apso dans l’imaginaire collectif
Souvent élevé dans les monastères, le Lhassa Apso fait partie intégrante du milieu bouddhiste, protégé par les dogmes religieux et parfois offert
à titre honorifique aux étrangers, il est le plus fascinant des chiens tibétains. Venant de la citée interdite longtemps
inaccessible aux occidentaux, cela renforce le sentiment de rareté tout en lui donnant un caractère mystique.
Certains prétendent que le Lhassa Apso chien du Tibet serait la réincarnation de Lamas n’ayant pu accéder au "Paradis oriental de la grande béatitude", il faut
plutôt comprendre la ressemblance entre le chien et le lion mythologique. Les tibétains ayant l’esprit très religieux, ils l’ont
d’ailleurs baptisé "chien lion" à cause de l’aspect léonin de sa fourrure. Néanmoins, à défaut d’être
sacré, le Lhassa Apso reste
le petit trésor de la culture tibétaine. Le symbole du chien lion est omniprésent dans
l’art au tibet et se fait l’emblème
du drapeau tibétain depuis le VIIè siècle à partir du règne du roi Songtsen Gampo.
Dans un registre télévisuel, les créateurs du dessin animé "Le manège enchanté" se sont inspirés du look du Lhassa Apso d'origine pour créer le fameux Pollux.

Mon élevage familial de Lhassa Apsos et mes motivations d'éleveuse passionnée
Mon élevage de Lhassa Apsos rustiques, est situé en France dans le département de l'Allier, au coeur du Massif Central.
Nous trouver / Localisation géographique
A mes yeux, le Lhassa d’aujourd’hui est beaucoup trop sophistiqué, son "évolution" lui a fait perdre en route non seulement son charme
mais aussi son identité. "Il faut s’interroger sur l’image que l’on donne de la race, mais aussi sur
le respect que nous devons lui manifester", dixit
B. Denis. Grâce à la détermination de véritables défenseurs et admirateurs de la race,
Mme Y. de
Zarobe, Mme H. Masset et M. G. d’Aoust, le Lhassa de type ancestral a fait sa réapparition en France. D’un point de vue purement
cynophile, un apport de sang nouveau ne peut être que bénéfique pour la race, surtout de nos jours où il devient extrêmement difficile
d’obtenir de nouvelles souches. C’est dans cet esprit que j’ai débuté mon petit élevage et pour faire connaître aux amateurs en
quête d’authenticité, le légendaire Lhassa Apso, héritage du patrimoine tibétain. Si la mode a conduit le Lhassa vers l’hypertype,
le retour du petit Apso est déjà un grand moment de cynophilie.
Un "Tibétain" l’appellerons-nous pour le différencier de ses congénères actuels. Il n’est pas le chien de monsieur tout le monde.
C’est un asiatique, il n’est pas esclave comme le chien de l’Occident. Il faut savoir le prendre. Il peut vous rendre chèvre s’il en a
envie ! Mais il a besoin de vivre en étroite compagnie avec les hommes. C’est le compagnon de vie idéal, très affectueux et très
curieux. En dehors de sa beauté, c’est son mental qui est fascinant. Ce n’est pas pour rien qu’on les décrit comme "de petites
personnes". On ne peut rester indifférent à tant de tendresse et d’intelligence. En ce qui me concerne mon plus grand plaisir, c’est
de les regarder s’ébattre dans la nature qu’ils affectionnent particulièrement et savoir qu’ils sont heureux.
Les améliorations apportées à la race n’ont pas toujours été avantageuses. Dans le cas de la robe par exemple, les caractères qui ont
étés modifiés n’ont pas rendu service ni au chien, ni à son propriétaire. L’abondance et la texture de poil du chien moderne, a rendu
son entretien astreignant et décourageant pour l’amateur de la race. Le poil de chèvre rêche qui caractérise le type d’origine
permet un
toilettage plus facile. Quand à la longueur, il suffit de regarder les photos des
chiens d’origine, que nous avons
la chance d’avoir comme référence, pour se rendre compte qu’une longueur modérée avantage harmonieusement le corps du chien.
Il est aussi plus à l’aise dans ses mouvements et son allure en est par conséquent plus naturelle. La limite du poil ne devrait
pas toucher le sol, pas plus qu’elle ne doit être coupée droite parallèle au sol. Au contraire cette limite doit suivre la courbe
du corps. C’est une question d’esthétique ! Mais nous n’avons pas tous les mêmes valeurs ! Quoi qu’il en soit, il semble que ces
petits messagers tibétains soient venus bousculer nos habitudes dans la vie comme sur les rings pour nous rappeler un vieux proverbe
universel : chassez le naturel et il revient au galop !